
L’actualité
l’oblige. Depuis un temps, la femme de fer de la classe politique
rd-congolaise le PALU-progressiste, Thérèse Pakasa, qui depuis la
période des élections évolue aux cô¬tés d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba
ne sait fait pas voir en public. Pour quelle raison? On ne sait pas !
CONGONEWS est allé à sa rencontre le mercredi 06 février dans
l’après-midi pour échanger avec elle.
L’équipe de CONGONEWS a rencontré Thérèse Pakasa en très bonne santé. A
la question de savoir pourquoi elle est devenue rare, Pakasa nous a
répondu, qu’elle était entrain d’observer comment des pseudos
politiciens ont théâtralisé le jeu politique. Quant à ses rapports avec
Tshisekedi, elle nous a affirmé qu’ils étaient impec. Pakasa a profité
de notre passage à sa résidence de la commune de Matete, pour nous
exprimer son regret sur le comportement des acteurs politiques
rd-congolais qui ne concourent que pour leurs intérêts personnels. Elle
ne souscrit pas au dialogue national. Pakasa soutient la vérité des
urnes. Pour elle, le dialogue n’est pas la solution. Elle propose à
Kabila d’accepter sa défaite et de rendre le tablier à Tshisekedi. Ça
sera la solution à la crise politique rd-congolais. L’idée du dialogue
national n’a pour finalité que le partage du pouvoir. Pour étaler la
nullité de la classe politique rd-congolaise, Pakasa perçoit très mal
qu’une formation politique puisse sanctionner ses membres sur base
d’une interview ou déclaration faite à la presse. Allusion faite aux
dernières déclarations de Fortunat Kandanda Muele -secrétaire exécutif
et permanent des FAC aile Fayulu faites à CONGON¬WES. Comme Kandanda,
Thérèse Pakasa non plus ne soutient le dialogue. Elle, elle reste
accrochée à la vérité des urnes.
Pour démontrer que les
différents dialogues organisés en RD-Congo depuis l’accession du pays à
l’indépendance à ce jour n’ont rien apporté, Thérèse Pakasa trace les
péripéties. Pertinente dans ses explications présentées dans un français
simple, clair et dans un style très précis et concis Pakasa fait
remarquer : parlant de la crise politique ou du drame congolais, il faut
constater que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Thérèse
avance que l’exposé des motifs de la constitution de 2006 stipule que
depuis l’indépendance le 30 juin 1960, la RD-Congo est confrontée à des
crises poli¬tiques récurrentes dont l’une des causes fondamentales est
la contestation de légitimité des institutions et de leurs animateurs.
Selon Pakasa, un peuple qui ignore son histoire est condamné à la
servitude. C’est pour cette raison, qu’elle demande au peuple
rd-congolais de jeter un regard sur l’histoire pour voir : «d’où nous
venons, où nous sommes et où nous allons». Elle rappelle que depuis la
destitution du gouvernement Lumumba en 1960, le Congo a connu plusieurs
rencontres politiques et une succession de plusieurs gouvernements
notamment : la conférence de Coquilatville a produit le gouvernement
Iléo ; le conclave de Louvanium, le gouvernement Adoula qui a élaboré la
constitution dite de Luluabourg en 1964 ; Moïse Tshombe viendra avec un
gouvernement dit de salut public qui conduira à la conférence de
Tananarive et organise les élections de 1965. Toutes ces rencontres,
explique Pakasa n’avaient pas apporté des solutions durables.
Confusion
«Nous
sommes passéEs de confusion en confusion, de contestation en
contestation», note-t-elle. Tous ces ratés, renseigne Thérèse Pakasa,
donneront l’occasion à Joseph Désiré Mobutu de faire son coup d’Etat de
1065. L’armée prend le pouvoir, la dictature s’installe et le Congo
s’embarque dans un bateau sans boussole. En 1986, rappelle Pakasa, le
courant de la perestroïka souffle à travers le monde et, conduit à
l’organisation des conférences nationales dans la plupart des pays
africains. Et de poursuivre : «L’échec de la conférence nationale
souveraine conduira le pays à la guerre de l’Alliance des Forces
démocratiques de libération (AFDL), partant de l’Est». Le règne de
l’AFDL ne sera que de courte durée, sa dislocation plongera encore le
pays dans la guerre jusqu’à l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. Les
lacunes institutionnelles conduiront au dialogue inter-congolais à
Sun-City, en Afrique du Sud, le 17 décembre 2002. Ici, mama Pakasa
comme aiment l’appeler les Congolais, explique que le Congo deviendra un
monstre à plusieurs têtes, c’est-à-dire 1+4. Un système unique et
particulier au Congo. Ce gouvernement de transition organise les
élections con¬testées de 2006. Pendant le règne de ce gouverne¬ment,
affirme-t-elle, le Congo tombe de nouveau dans le chaos, il modifie
l’article 71 de la constitution de 2006 et organise les élections à un
seul tour. En dépit de toutes ces violations flagrantes de la
constitution, le peuple congolais a choisi souverainement Etienne
Tshisekedi comme président de la RD-Congo. Malgré la volonté populaire
du souverain primaire, le pouvoir en place fait la sourde oreille et
dirige le pays par défi. Ce qui a donné, rapporte Pakasa à CONGONEWS
naissance au blocage actuel et, à la guerre de l’Est. Bref, Pakasa se
plaint qu’un demi-siècle durant, le Congo va de régression en régression
à cause des institutions non légitimes et non adaptées aux réalités
négro-africaines. Voilà pourquoi, dit-elle : «qu’il nous faut un
pouvoir légitime». Dans tout ceci, explique Thérèse Pakasa que la
solution à la crise congolaise actuelle n’est pas loin. Elle ne viendra
ni de l’Occident ni de l’Orient, mais des Congolais eux-mêmes. «Elle
passe nécessairement par la vérité des urnes», affirme-t-elle avec
assurance. Et d’avancer que penser et agir autrement, serait
véritablement un manque d’honnêteté intellectuelle, d’amour patriotique
et de respect envers le peuple souverain pour lequel, nous nous
réclamons tous, défenseurs de leurs intérêts.
Vérité des urnes
En
ce qui concerne la résolution des conflits en Afrique en général, en
Afrique centrale ou dans la sous région des Grands-Lacs en particulier ;
Pakasa rappelle que les initiateurs des indépendances africaines,
lors de la conférence historique de rassemblement des peuples africains à
Accra au Ghana le 28 décembre 1958, avaient recommandé aux peuples
africains et aux générations futures ce qui suit: la question de
l’ajustement des frontières, la fusion ou la conférence des
groupements, des Etats régionaux dans une communauté des Etats-Unis
d’Afrique ; pro¬mouvoir l’entente et l’unité entre les peuples
d’Afrique; et encourager la pleine affirmation de la personne africaine
vers l’unité totale de tous les peuples frères du contient. Si les
Africains comprenaient, explique Pakasa, la doctrine du panafricanisme,
chaque pays aurait développé l’unité et la solidarité d’une façon
cohérente à travers des mouvements populaires de libération. C’est
pourquoi, interpelle-elle que les Africains doivent savoir que dans
l’Afrique noire, nous avons la même façon d’exprimer les idées de la vie
à travers les proverbes : la sagesse africaine. «Que vous soyez Bantu,
Soudanais ou Nilotiques, nous avons la même manière de considérer les
choses et de dégager la même philosophie, grâce à cette sagesse
ancestrale qui est à notre portée pour éduquer et former nos enfants
afin qu’ils deviennent aguerris», a indiqué Thérèse Pakasa. Qui
interpelle en disant que :«ne nous laissons pas distraire par les
conseils des étrangers qui nous amènent à renforcer l’esclavagisme et,
la nouvelle colonisation ou le néocolonialisme que les initiateurs des
indépendances africaines ont décrié hier». Et Pakasa de lancer par
ailleurs un appel : «soyons conscients et cherchons à repenser par
nous-mêmes. De cette façon, nous pouvons nous retrouver en paix, les
uns et les autres pour la véritable indépendance du continent africain».
C’est pour cette raison que Thérèse Pakasa demande au peuple congolais
de se réveiller comme un seul homme pour défendre la cause nationale
–donc- la victoire, la vérité des urnes, seul issue pour la sortie de
crise et pour l’avenir du Congo, cher et beau pays légué par les
ancêtres.
Et Pakasa d’en appeler à tous les compatriotes, de toutes
conditions, quelques soient leurs tendances ou leurs divergences
actuelles ou passées, à mettre en commun leurs énergies et courages
pour réaliser l’unité nationale nécessaire et indispensable et sans
laquelle, nous ne pourrons ni affirmer ni faire entendre notre voix, la
voix du peuple congolais.
JOHN TSHINGOMBE